L'homme fossile: v'là trois millions d'années

Dernière mise à jour : juil. 31

C'est ma découverte du jour. On a joué la chanson dans un épisode de podcast de France Culture sur la préhistoire (je recommande tout ce qui est France Culture en passant). Et c'est là que j'ai accroché.


N'ayant pas Shazam (trop d'applications à installer en ce 21ème siècle), j'ai dû googler les paroles et la magie Google a opéré. Prochaine étape, on entre le titre dans l'application Spotify (encore une autre appli!), on lui ajoute un petit coeur et on l'enregistre dans une liste de lecture dédiée pour ne pas perdre sa trace, et le tour est joué.


L'homme fossile


Donc voilà trois millions d'années, non, voilà il y a moins de trois heures, je découvrais L'homme fossile de Serge Reggiani. Je ne savais même pas que cela pouvait servir d'inspiration aux chanteurs. Bon, oui, je connais et je suis un grand fan d'Ayla de la saga romanesque des Enfants de la Terre de Jean M. Auel. Ayla est une enfant Homo sapiens orpheline, égarée, sauvée puis adoptée par un clan Néandertal. Dans Le Clan de l'Ours des Cavernes, le premier tome de la saga (cadeau d'une amie), adapté au cinéma, on suit les aventures d'Ayla et sa difficile intégration dans une espèce humaine autre que la sienne, Neandertal.





L'expérience d'Ayla est quand même spéciale, à bien y penser. Nous avons été souvent confrontés à des groupes ethniques différents, des sociétés différentes (avec le racisme et la xénophobie parfois au rendez-vous), mais aucun de nous n'a eu à côtoyer une autre espèce humaine, parce qu'il n'en existe plus tout simplement. A titre de comparaison, il existe plusieurs dizaines de milliers d'espèces de fourmis et, plus près de nous, il existe deux espèces de chimpanzés. Le fait qu'il ne reste plus que nous dans le genre humain nous prive malheureusement d'une certaine perspective. Il n'est pas étonnant du coup qu'on se soit longtemps considérés comme "uniques" et qu'on se soit pris pour les rois de la terre.


Homo sapiens: face au miroir


La publication de l'Origine des espèces de Charles Darwin, et plus tard l'accumulation de preuves en faveur de la théorie de l'évolution, ont choqué et continuent encore de choquer, en dépit du consensus scientifique autour de l'évolution (ce qui n'est pas sans nous rappeler que des climatosceptiques et des platistes déambulent encore dans l'espace public malgré les consensus et preuves scientifiques sur le réchauffement climatique et la forme de la terre). Nous avons encore du mal à nous faire à l'idée que jadis nos ancêtres erraient dans la brousse, nus comme un ver, à la recherche de nourriture ou d'un abri. C'est notre fierté qui, semble-t-il, en prend un coup.


Et c'est justement ce rapport difficile avec notre humanité que Serge Reggiani décrit merveilleusement bien dans sa chanson. Cette humanité, désormais réifiée, désacralisée, banalisée, a perdu de sa superbe. Dans la chanson, le chanteur met en scène la découverte de l'Homme de Java, le fameux Homo erectus (anciennement Pithecanthropus erectus), l'une des plus anciennes espèces du genre humain. Et sa blague sur le mot "erectus" est particulièrement drôle.


Enfin les scientifiqu's suivant coutumes et us

Voulant me baptiser de par un nom latin

M'ont appelé Pithécanthropus Erectus

Erectus ça m'va bien moi qu'étais chaud lapin


Et de poursuivre, dans une ultime tentative de redorer "notre" fierté:


Et ces messieurs savants à bottin's et pince-nez

Sur le vu d'un p'tit os ou d'une prémolaire

Comprirent que j'possédais de sacrées facultés

Qui me différenciaient des autres mammifères

Ils ont dit que j'étais un virtuos' du gourdin

Qui assommait bisons aurochs et bonn' fortune

Que j'étais drôl'ment doué pour les petits dessins

De Vénus callipyg' aux tétons comm' la lune


Mais, déception:


Ils ont dit que j'vivais jadis dans une grotte Ils ont dit tell'ment d'choses tell'ment de trucs curieux

Qu'j'étais couvert de poils et qu'j'avais pas de culotte


Sauf que non, nous assure l'artiste, avec humour. Notre passé était bien plus glorieux:


Alors que j'habitais un pavillon d'banlieue

J'étais comm' tout le mond' pétri de bonn's manières

Tous les dimanch' matins je jouais au tiercé

Je portais des cols durs et des bandag's herniaires

C'était avant la guerr' avant qu'tout ait sauté


C'était voilà maint'nant bien trois millions d'années

Vous n'avez rien à craindre y a plus de retombées


Comme de bien entendu, je vous laisse une vidéo Youtube (préparée par un amateur, avec des os et des squelettes à volonté -je me demande si la personne n'a pas un peu exagéré).



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