Hier, j’ai écrit un poème.

Hier j’ai écrit un poème.


Ensuite je l’ai avalé.


Mais mon poème a survécu. Il s’est disséminé en moi. Jusque dans l’intimité de mon ADN. Il s’est immiscé dans le dialogue sourd de mes gènes alléliques. S’est reproduit en moi. S’est répliqué en moi.


Possession folle. Transe en dance poétique. Mon poème s’est accaparé de moi.


Emporté par les flots de mes antrailles, attiré malgré moi par les cris stridents de mon âme en péril, engouffré, englouti par mon abîme de lumière, je me suis transformé.


J’ai mené une lutte sans merci pour la vérité.





J’ai écarté tous les obstacles sur ma route. J’ai affronté les démons qui me barraient le passage. Je me suis frayé un chemin entre le passé qui me retenait et le présent qui m’entourait.


Mon futur lumineux m’attend. Quelque part au fond de moi, dans les ténèbres qui surplombent ma flamme vorace.


Mais avant, je dois abréger les souffrances de mon âme suffocante. Je dois retrouver la lueur ancienne de mon souffle fétide. Y mettre fin. Et embrasser la violence désincarnée de ma poésie.

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