Après la chrysalide




Il y a quelques mois, j'annonçais la sortie de la chrysalide comme une délivrance. Puis je suis tombé sur ce texte de Bernard Werber qui ouvre le troisième tome de sa saga "Troisième humanité" dans laquelle on fait la connaissance des Micro-humains. Comme à son habitude, l'auteur insère ça et là les notes fictives de son personnage récurrent, Edmond Wells, auteur de la très sérieuse Encyclopédie du savoir relatif et absolu. Le texte en question m'a fait réflechir. Qu'est-ce que la perfection? Comment reconnaitre son ou ses talons d'Achille? Cette histoire n'est pas sans rappeler la fable de la grenouille et du scorpion ainsi que l'éternel débat sur le déterminisme ou le libre-arbitre. Comment échapper à sa nature? Peut-il exister une nature dont le propre est d'échapper à elle-même? Échapper à sa nature ne relève-t-il pas encore de notre nature? Belle petite découverte de la semaine.


Après le cocon et la chrysalide, la troisième phase du processus de métamorphose du papillon est : l’« émergence de l’être nouveau ». À ce stade de l’évolution, il ne reste plus rien de la chenille d’origine, sombre, poilue et rampante. L’individu s’est transformé en animal léger, aérodynamique, à fines voilures. Les ailes déployées présentent des couleurs chatoyantes, bleu métallique, orange, jaune, mauve, rouge tacheté de noir et de blanc. Des motifs merveilleux forment des masques psychédéliques, des reflets fluorescents. Tout, chez cette créature neuve, n’est que beauté, harmonie et légèreté. À peine sorti de son enveloppe, le papillon déploie ses ailes pour les sécher et s’envole vers le soleil, source de chaleur et de clarté. Il ira butiner quelques fleurs, mais désormais une seule mission le préoccupe : rentabiliser le peu de temps qu’il lui reste à vivre, afin de rencontrer un partenaire sexuel et se reproduire pour perpétuer l’espèce. Cependant, le papillon est fasciné par la lumière, et il lui arrive, si le ciel s’assombrit et qu’une bougie soit allumée, de confondre la lueur de l’astre solaire avec celle de la simple flamme. Alors, irrémédiablement attiré par ce piège sensoriel, le papillon s’embrase. Toutes les espèces qui font l’expérience du feu ont l’instinct de s’en éloigner, ce réflexe est inscrit dans leurs gènes. Toutes. Sauf le papillon. On peut dès lors se demander pourquoi la nature, après avoir inventé un événement aussi subtil et complexe que la métamorphose de la chenille en papillon, a laissé dans sa programmation l’attirance pour l’élément le plus destructeur : le feu. (Edmond Wells, Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu. dans La voix de la terre.)



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